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HISTOIRE



"LE CHEMINEMENT D’UN DESTIN VITICOLE."

" Icelle terre par sa substance est grasse, forte, lise et dense et retient l’humidité. "
Cette citation de Rabelais nous éclaire sur l’origine du toponyme LISENNES. " Lize " en ancien français est synonyme de boueux, de la même famille que glaise, autrefois "  glise ". On retrouve également cette racine, probablement celtique, dans " enliser ".

La nature argilo-calcaire du sol de Lisennes est sans doute à la source de son nom.

Depuis quand ? A partir de qui ?

Les premières traces officielles du domaine figurent sur un acte de vente de 1758. Cependant sa localisation est attestée sous d’autres toponymes un siècle auparavant.

Ainsi, le plus ancien propriétaire connu est Etienne de Baritaud, conseiller du Roi à la Cour des Aides de Guyenne au début du XVIII ème siècle.

Son héritier, le marquis Joseph de Rabar, vend la propriété en 1758 à Guillaume Bardon fourrier des gendarmes de la garde ordinaire du Roi :

" Cette vente ainsy faite moyennant le prix et somme de vingt quatre mil livres d’une part et de six cent livres d’autre part sous forme de pot de vin. "

Un vignoble très ancien.

Dès le I° siècle, lors de l’occupation romaine, la présence de la vigne est attestée autour de Bordeaux. Elle prospère sur la rive gauche de la Garonne (actuellement région des Graves) et par la suite sur les coteaux de la rive droite.

Cependant le véritable essor date du Moyen-Age. L’élément déterminant de la destinée du Bordelais fut l’annexion de la Gascogne et de la Guyenne à la couronne d’Angleterre, par le mariage en 1152 d’Aliénor d’Aquitaine avec Henry Plantegenêt, comte d’Anjou et roi d’Angleterre.

Un marché considérable s’ouvre alors, et à partir du XIII° siècle, lorsque le roi d'Angleterre perd l’Anjou, ainsi que l’Aunis et la Saintonge, Bordeaux devient le fournisseur exclusif de l’aristocratie anglaise. A cette époque, les vignes localisées le long des fleuves se développent. Elles sont présentes à Lisennes dès le XII° siècle.

" Le Merle ", lieu-dit en bordure de la propriété, est cité en l’an 1260 dans un acte :" Vente par Aiquem Merle de " Treces " et Peyrone, sa femme, à Elias de Madirac de 17 Règes de vignes et de Treilles situées dans la paroisse de Tresses, dans l’Estaga Belha de Merles, entre le chemin commun et le ruisseau pour la somme de 60 sous bordelais.

Cette source s’avère très intéressante sur la viticulture d’alors. Un peu plus tard au XV° siècle, le chroniqueur Monstrelet s’étonne de voir les vignes bordelaises " hautes comme treilles ".

Il faut dire que la production était probablement de médiocre qualité. Les moyens de conservation n’existant pas, il fallait consommer les vins dans l’année pour éviter de les voir se transformer en vinaigre.

De là l’importance des privilèges accordés par le roi d’Angleterre aux négociants bordelais concernant la primauté des ventes sur les vins du Haut-Pays en amont de la Garonne.

Peu à peu au fil des siècles, grâce aux progrès de la technique, la qualité de la production s’améliore et les différents exploitants s’efforcent de mettre en valeur toutes les richesses du terroir. C’est le cas des propriétaires successifs de Lisennes....